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Soleil de David Bouchet, éditions La Peuplade

Soleil de David Bouchet, éditions La Peuplade, 9782924519035

Soleil de David Bouchet, éditions La Peuplade

Résumé:

Souleye et sa famille arrivent du Sénégal et s’installent à Montréal. Ils veulent «devenir d’ici», ne pas se retourner. Mais tout ne se passe pas comme prévu, et P’pa se retrouve dans le sous-sol de l’appartement, où il se met à creuser un trou. Ou est-ce un puits? Son esprit semble en transit entre deux continents. Pour Souleye, les questions fusent et les réponses n’ont pas de formes connues. Simplement, il faut reboucher la folie de P’pa.

Souleye, que sa nouvelle amie Charlotte a rebaptisé Soleil, réfléchit beaucoup et connaît le langage des yeux. Il pose un regard subtil et ouvert sur l’être humain. Par le récit de ses espoirs et de ses peurs, il nous transporte à travers l’histoire de l’humanité, «une lente histoire de dissolution et de transformation».

 

À propos de l’auteur:

David Bouchet (DaoudaToubab) est éditeur, écrivain et scénariste (La pirogue, 2012, Sélection du Festival de Cannes – Un Certain Regard). Il a passé l’essentiel de sa vie à Dakar et est ancré à Montréal depuis 2010. Soleil est son premier roman.

 

Presse:

La Presse

Plus on est de fous, plus on lit (Radio-Canada)

 

9782924519035, 350 pages, 25.95$

One Comment on “Soleil de David Bouchet, éditions La Peuplade

  1. daniel saindon
    2 mai 2016

    Soleil est une histoire de l’intégration d’une famille d’immigrants sénégalais au Québec.

    Comme point de départ à son roman, David Bouchet pose la question s’il vaut mieux être con que d’être un raté? et comme on dit familièrement ici, vaut-il mieux passer pour un cave plutôt que de passer pour un « looser«?

    La question est loin d’être anodine, surtout dans la tête d’un enfant d’âge scolaire, et que cette question ne soit pas de nature académique, qu’elle provienne de la vie réelle des jeunes dans la rue, ceux d’hier comme ceux d’aujourd’hui: donc intemporelle! enjolive sa problématique.

    Cette question: « con ou raté » interpelle un garçon d’une douzaine d’année que l’on surnomme Soleil qui vit avec son grand frère et sa petite soeur dans une famille d’immigrants du Sénégal. Dès le départ, Soleil prend position en faveur du raté, mais la question possède d’autres implications qui seront élucidées en cours de lecture du roman.
    Il y a sa mère qui est une sorte « winner » parce qu’elle a trouvé du travail ici alors qu’elle avait de la difficulté à en trouver dans son pays d’origine. Puis il y a son père qui passe pour un « looser » parce qu’il n’aboutit pas à trouver un emploi ici, alors que c’était facile pour lui d’en trouver dans son pays d’origine. Petit à petit, le père va se décourager, sa condition psychologique va se détériorer; le trou qu’il va creuser sous terre est une métaphore pour sa condition d’exclus. On suit chacune des étapes qui le conduira à son hospitalisation avant d’assister à sa réhabilitation.

    Le regard que pose Soleil sur la société du Québec est intéressant à cause d’un constant va-et-vient entre la culture sénégalaise et la culture québécoise. « Au Sénégal on dit « boutique de Guinéen », ici on dit « dépanneur ». Au Sénégal, lorsqu’on déménage: « on ne dit pas qu’on va quitter. On s’en va tout d’un coup et tout le monde nous cherche ».

    Le jeune garçon porte sur la société québécoise un regard différent, comme s’il regardait une chose pour la première fois et j’ajouterais que ce regard se pose avec plus d’objectivité parce que cette personne n’est pas encore impliquée personnellement dans son nouveau monde. Ce qui produit une lecture qui arrive à nous surprendre avec des constats que le lecteur n’avait pas réalisé.

    Alors qu’il se trouve dans une piscine publique de Montréal, Soleil remarque que l’homme blanc est plus corpulent du tronc que des membres alors que c’est l’inverse pour l’homme noir avec des membres qui sont allongés.

    On retrouve dans le mode de pensée Sénégalaise un peu de cette naïveté mélangé avec du gros bon sens et une dose de pensée magique qui fait vivre les choses inanimées qui sont autour de nous, et qui nous fait penser aux comparaisons entre la culture québécoise et Sénégalaise que l’on retrouve chez Boucar Diouf, cet humoriste québécois qui est aussi d’origine Sénégalaise.

    Voilà une lecture instructive qui ne nous laisse pas indifférent.

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